Esprit de Chartreuse – Juillet 2020

Don Quichotte se tient pensif devant sa maison. Il a le regard tourné vers les montagnes qui font les belles dans la lumière du soir. Dulcinée est à ses côtés.

« Vois-tu ma chère Dulcinée, ces sommets qui se hissent bien haut au dessus de nos fenêtres abritent de merveilleuses contrées. Je le sais. Il ne tient qu’à nous d’aller le découvrir »

Dulcinée ne dit rien. Elle sait qu’elle ira.

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Départ de Voreppe avec les sacs sur le dos vers 11h pour une longue montée vers le col de la Sure. La météo est maussade, mais c’est promis « ça va s’arranger ».

A Mont Saint Martin, dernier regard de Anne pour sa chère commune
après une (très) longue montée dans la forêt, nous atteignons l’alpage des banettes

Le chemin vers la Grande Sure nous offre des vues dégagées sur des paysages magnifiques. Pourtant il y a peu de randonneurs ici et l’ambiance est très sauvage.

Un troupeau de chevreuils (ou quelque chose comme ça) peu habitués à être dérangés nous observe en se tenant à distance. Quelques points de vue nous donnent la possibilité d’apprécier l’étendue du massif de la Chartreuse et notre parcours pour les trois prochains jours.

D’ici on voit toute la Chartreuse (ou presque)

On atteint enfin la Velouse (avant le col de la Sure). C’est un joli site de bivouac. Mais gare au renard qui avait chapardé mes provisions la dernière fois que j’étais venu ici. Cette fois nous les accrocherons à une branche. Nous n’oublierons pas de laisser sur une souche les restes de notre repas pour que lui aussi reçoive sa part. Après tout, nous sommes un peu chez lui.

La source de la Velouse est à sec. Il faut aller remplir les gourdes à la source du col de la Sure un peu plus haut. On est rincés par cette longue montée, mais on est contents.

Au matin du deuxième jour, les restes que nous avions laissés sur la souche ont disparu. Si le renard est l’esprit des lieux, nous sommes sous sa protection. Le petit déjeuner est pris au soleil. Une longue journée nous attend : montée au col de la Sure, puis au col de la grande vache, descente au col de la Charmette, remontée à l’oratoire du charmant som, pour redescendre enfin sur St Hugues où nous bivouaquerons. Anne fait tout ce qu’il faut pour rester vaillante, mais cette fois ça fait vraiment beaucoup.

Dans les plaines de St Hugues
Repos de la guerrière
Bivouac ***

Le troisième jour va être encore une longue journée : Pravouta, col des Ayes, et col de Bellefont nous attendent. Nous n’avons que 4 litres d’eau et je ne suis pas sûr que la source du chalet de Bellefont est bien alimentée. Lorsque nous passons à côté de la grotte du trou du Glaz, on entend des ruissellements. Armé de ma popote, je vais récolter environ 1 litre d’eau qui va directement dans la bouteille de Anne.

Les paysages le long du GR9 entre la dent de Crolles et le col de Bellefont sont d’une beauté sauvage exceptionnelle. Il y a quelques passage vertigineux et un peu exposés qui nécessitent de bien regarder où on met les pieds. Cela n’est pas du goût de Anne qui me le fait savoir.

Le GR9 entre dent de Crolles et col de Bellefont

Nous arrivons enfin au pied du col de Bellefont. Bonne nouvelle : la source du chalet est bien alimentée et nous faisons le plein d’eau.

dernière épreuve du jour : le col de Bellefont

Au sommet du col, je suis ébloui par la beauté des paysages, renforcée par la lumière de la fin d’après-midi. Je veux partager mon bonheur avec Anne. Mais de son côté la fatigue a pris le dessus. Ça nous vaut une petite dispute.

on va là-bas

En redescendant vers l’Aup du seuil, nous dérangeons quelques marmottes et chamois avant de trouver un endroit de bivouac qui nous convient.

La nuit va être compliquée pour Anne. Il semble que l’eau de la grotte du trou du Glaz contenait quelques petits habitants qui provoquent chez elle une intoxication alimentaire. A une heure du matin, elle bat le record de vitesse de sortie de la tente Zpacks Duplex (ceux qui connaissent apprécieront). Entre deux nausées elle me fera quand même savoir que la voûte étoilée est vraiment exceptionnelle. Hmm…, je préfère rester au chaud.

Nous nous réveillons le lendemain dans une belle lumière et nous nous préparons pour notre dernier jour de marche. Ce sera une journée moins difficile que les autres avec la traversée de la réserve de l’Aup du seuil, la remontée vers le col de l’Alpe et enfin la descente vers le parking d’Orcel où Emile doit venir nous récupérer.

fleurs punk
ma tête est un caillou, les sapins sont mes cheveux

Quand nous arrivons à l’aplomb de St Pierre d’Entremont, Anne décide de redescendre et de me laisser seul pour passer le col de l’Alpe car elle est toujours affaiblie par les petites bêtes du trou du Glaz.

Dernier regard sur la Chartreuse avant la descente vers le parking d’Orcel
Notre itinéraire

La Chartreuse est un massif d’une grande beauté. Il y a peu de refuges sur ses hauts plateaux. Une tente de bivouac fait merveille pour réaliser sa traversée !