White pass – Snoqualmie

28 août, mile 2296 à 2313 (1613m)

Après trois journées de marche un peu intenses, je décide de lever le pied. Réveil naturel, blog, mails, coups de fil… Je reprends le trail en fin de matinée sous un ciel bleu immaculé. Lorsque je parviens au lac où j’ai prévu ma pause déjeuner, je constate que deux cavaliers sont déjà présents. Ce sont Rollie et Oatmeal qui ont organisé un trail magic. Je m’installe avec eux dans cet endroit de rêve le temps de faire connaissance, de parler du pays et d’engoufrer un hot-dog.

Trail magic de Rollie et Oatmeal

Le chemin circule paisiblement dans une forêt assez aérée qui laisse régulièrement place à de grandes prairies et de paisibles lacs. Vers 19h, je vais mettre un point final à cette belle journée de marche en me perchant sous un col où je vais trouver un bon site de bivouac.

Rencontre sympathique de Marc
Exercice d’équilibre

29 août, mile 2313 à 2335 (1893m)

Je commence à marcher au lever du soleil. La lumière et le paysage créent un décor somptueux. Après une courte montée, je suis au col et face à moi, le mont Rainier se montre en majesté.

Après un long parcours en crête, le chemin m’amène à Chinook pass, un important point de départ de randonnées pour les locaux. C’est ici que Maddbaker, à décider d’installer son trail magic. C’est un trail Angel très actif. Retraité, il consacre six mois par an à apporter du support aux hikers pour leur logistique ou en organisant des trail magics de la frontière mexicaine à celle du Canada.

Maddbaker

Pas très facile de repartir après tout ça ! A partir de Chinook pass, le chemin reprend de l’altitude pour offrir de nouveau un long parcours de crête avec des vues spectaculaires sur le mont Rainier. Le rythme revient progressivement. Ma foulée, mon souffle, le planter de mes bâtons s’accordent parfaitement. Je grimpe vers les crêtes avec une impression de légèreté malgré le poids de mon sac. Je progresse vite, avec le sentiment que peu de hikers aujourd’hui pourraient tenir un tel rythme. Je suis interrompu dans ce doux exercice narcissique par une petite voix derrière moi « Hello Pepe, can I pass you ? ». C’est eBay, une hikeuse de 25 ans à peine. Elle est probablement derrière moi depuis quelques minutes et bon, elle aimerait bien avancer un peu…

Depuis les crêtes, les fumées de l’incendie du Schneider Springs Fire à l’Est du PCT sont bien visibles et un peu inquiétantes. Comme  je passe par un secteur avec un peu de réseau, je vérifie une fois encore sur le site du PCT association que le PCT n’est pas fermé. La voix est libre, mais le site précise que les hikers doivent être vigilants. OK, je suis vigilant, mais pas très rassuré quand même…

30 août, mile 2335 à 2357 (1478m)

La longue marche sur les crêtes se poursuit dans une forêt brûlée au dessus d’une mer de nuages. Je surprends un troupeau d’élans en contrebas du chemin, mené par un mâle dont les bois sont majestueux. Hélas, le chemin abandonne les crêtes et plonge bientôt dans le nuage. L’humidité condense sur les arbres morts et une véritable pluie tombe sur moi. Drôle d’ambiance !

Maintenant, il fait froid et le vent s’est levé. La cabane Ülrich va me permettre de manger au sec et de me réchauffer près d’un poêle. Des fruits frais ont été mis à disposition par une bonne âme pour les hikers.

Encore une dizaine de miles et je décide de m’arrêter.  Une fois la tente installée, je plonge dans mon duvet pour me réchauffer. Il se met à pleuvoir.

31 août, mile 2357 à 2378 (1156m)

Le vent a soufflé fort cette nuit et la pluie a continué à tomber par intermittence. Mais ce matin, la météo s’est apaisée. Il fait juste gris et froid et la forêt entière ruisselle encore des pluies de la nuit.

L’étape du jour est très vallonnée, mais offre peu d’originalité. Heureusement, la monotonie est brisée par la rencontre de Not Phil’s dad qui a organisé un trail magic avec moult gâteaux, boissons et fruits que nous dégustons sur des sièges bien secs, luxe absolu aujourd’hui.

Son fils est un sosie de Phil Collins et il a réalisé le PCT en 2009. Son nom de trail est rapidement devenu Not Phil Collins et son papa organise maintenant chaque année plusieurs trail magics.

Nit Phil’s dad, Nosebleed, Ziploc, Uncle Opossum

Ce soir, la pluie tambourine de nouveau sur la tente.

1er septembre, mile 2378 à 2394 (830m)

Le chemin ce matin est cassant. Il monte, il descend, plein de racines et de caillasses. Je n’arrive pas à poser un rythme de marche. Après une heure de marche, je ressens déjà la fatigue et la lassitude m’envahit de nouveau.

Lorsque j’arrive au col de Snoqualmie, je me sens vidé. Snoqualmie est une petite station de ski sans charme à proximité d’une autoroute, mais je vais prendre un zero day ici pour retrouver des forces avant la difficile section de quatre jours jusqu’à Steven pass. Je serai à l’hôtel où je partage une chambre avec Uncle Opossum pour la première nuit et avec FedEx pour la seconde.

FedEx a eu une tendinite au talon d’Achille et a dû s’arrêter de marcher pendant quelques jours. Cela m’a permis de le rattraper et nous allons essayer de finir le trail ensemble.

Maintenant faut que je vous laisse, je dois aller au Canada.


7 réflexions sur “White pass – Snoqualmie

  1. Ta petite carte a bien traversé l’océan pour parvenir à Azay où nous étions le week-end dernier. Merci !
    Ce week-end, c’était Vierville et on a apprécié les derniers bains de mer et déjeuners sur la terrasse de l’été. Et le week-end prochain, Autrans ! Bref, on voyage, comme toi, mais même si l’on marche tous les jours, ce n’est rien à coté de toi.
    Bon, tu tiens le bon bout, le Canada se rapproche, profite bien.
    Frédérique et Martin

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  2. Trop drôle e-bay. Mésaventure que j’ai rencontrée aussi en ski ou en vélo !
    De notre côté, on se prépare pour la rencontre d’Autrans. Sur demande d’Anne je nous prépare des petites randos pour tous avec genre 300 m de dénivelée..!

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  3. j’adore les surnoms des hikers – il y a de l’inspiration ! cela doit être sympa de se retrouver pour les derniers miles avec certaines des nombreuses figures que tu as croisées… le changement de temps et de végétation est surprenant ! manquerait plus que la neige 🙂

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  4. Des haut(s), des bas ! Tout comme le paysage le moral doit avoir ses dénivelés !
    Le contraire eut été étonnant mais c’est devant l’obstacle que se mesure l’homme aurait un de mes anciens profs.
    Et il ajoutait : vous m’en ferez quatre pages !
    Cet heureux temps de la jeunesse n’est plus mais tu te forges, très probablement, un repère dans ta vie !
    Rien de fondamentalement nouveau aux Lauriers.Temps mort estival pour les travaux de restauration de la maison de Véronique et Rudolf. Encore quelques arrivées et départs de congés d’été pour les retraités en septembre.
    Le bois rentre et on a encore quelques très belles journées ensoleillées et assez chaudes parmi les retours de frimas automnaux. De grandes amplitudes thermiques à tel point qu’il n’est pas évident de s’habiller en conséquence.
    Beaucoup moins de nouveautés que pour toi comme tu peux en juger.
    A bientôt de te lire avec toujours autant de plaisir, et un peu d’envie pour être franc.
    A + Christian

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