Cascade Locks – White pass

20 août (suite) : PCT days

Les PCT days attirent beaucoup de monde. C’est le grand rendez-vous des fabricants de matériels de randonnée qui viennent présenter leurs nouveautés, mais c’est aussi pour les hikers l’occasion d’un rassemblement festif. Nous sommes des centaines, regroupés sur l’île sur laquelle s’appuie l’écluse historique de Cascade Locks qui a donné son nom à la ville.

Je compte bien sur les PCT days pour renouveler mes chaussures qui sont au bout de leur vie et choisir un modèle plus résistant et plus approprié pour la météo de Washington. Les exposants de chaussures de randonnée sont nombreux à l’exposition, mais aucun ne vend ce qu’il présente. J’irai donc à Hood river demain, une ville un peu plus grande en amont du fleuve de quelques miles.

Je retrouve sur le champ de l’exposition beaucoup de hikers que je n’avais pas vus depuis longtemps. Les retrouvailles à l’américaine sont très démonstratives. On crie, on se serre dans les bras à tout va. Ces effusions ne me mettent pas très à l’aise et je regagne vite ma tente où je réalise quelques travaux de réparation sur mon matériel de randonnée.

21 août, mile 2148 à 2158

Le bus de 7h32 sur lequel je comptais pour me rendre à Hood River ne passe pas. Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Il règne ici une extrême tension sur l’emploi et il n’est pas rare de voir des bus supprimés par manque de chauffeur ou des restaurants fermer pour manque de personnel. Je fais donc ce que je sais bien faire maintenant : tendre le pouce au bord de la route. Quelques minutes plus tard, une voiture m’embarque pour Hood River. Je choisis des chaussures tige haute étanches Oboz et je complète mon équipement pour l’adapter à la météo plus incertaine de Washington.

Vers 13h, je retrouve le trail et franchit avec émotion la rivière Columbia. Me voici dans Washington. Je ne ferai qu’une petite dizaine de miles aujourd’hui avant de me poser sur les hauteur vers 18h.

22 août, mile 2158 à 2183

Aujourd’hui commence mon cinquième mois de marche. Le temps est gris, frais et humide. Ça n’est pas très folichon, mais finalement, ça convient assez bien pour marcher. Beaucoup de dénivelé réalisé dans une abondante végétation gorgée d’eau par le climat humide de Washington. L’état mérite bien sa devise de Evergreen state.

Je constate que je suis un peu faible en nourriture pour réaliser les quatre jours de marche jusqu’à Trout Lake, alors quand je découvre le trail magic de Ian, Amy et Oliver (leur chat), je ne me fais pas prier pour accepter deux hot-dogs. Ian et Amy préparent le PCT qu’ils veulent réaliser l’année prochaine. Ce Trail Magic leur permet de rencontrer des hikers et de les faire parler sur leur expérience du trail.

23 août, mile 2183 à 2208 (1448m)

2000m de dénivelé au programme de la journée et 25 miles. Il fait toujours assez froid, mais le ciel est dégagé et le soleil brille. La matinée commence par une longue montée de quatre heures sous une forêt de sapins immenses qui masquent le soleil. Les troncs gigantesques régulièrement espacés ressemblent à des colonnes de cathédrale. Arrivé au sommet, Washington nous offre un premier frisson avec une vue spectaculaire sur le mont Hood et le mont Adams en majesté.

Dans nos montagnes classiques, les sommets se regroupent dans des massifs et les distinguer nécessite quelquefois un peu d’expérience. Les volcans, eux sont des grands solitaires ; ils émergent comme des géants dans le paysage avec leurs colliers de glace et ils dominent sans partage tous les reliefs des environs.
Dans l’après-midi, les sapins se font plus modestes et laissent pénétrer la lumière du soleil et le bleu du ciel. Le chemin nous réserve encore de jolis points de vue sur le mont Hood et le mont Adams. Vers 17h30, je parviens enfin au lac où je souhaite bivouaquer. Il a été littéralement pris d’assaut par les hikers. Aucune envie de cette promiscuité. Environ deux miles plus loin, un autre lac m’attend. Je serai seul ici ce soir.

24 août, mile 2208 à 2230 (1173m)

22 miles un peu ennuyeux m’amènent au trailhead de Trout Lake. De là une navette attend les hikers pour les emmener au village 15 miles plus au sud.

Pepe & Fullmoon
La navette est arrivée. Merci les trail Angels !

Trout Lake est un village microscopique mais charmant. Divine surprise, ici on produit des fromages. Ils sont affinés 6 mois dans des caves creusées dans la lave. J’en ai acheté trois. Ils sont vraiment délicieux.

25 août, mile 2230 à 2245 (1805m)

Ce matin, quelques appels téléphoniques avec mon entreprise sont au programme pour préparer mon retour avant de prendre la navette de 10h afin de retourner sur le trail.

A 10h30, la navette ne s’est toujours pas présentée. Le trail Angel a dû avoir une panne d’oreiller. Asthmatic Bear prend la situation en main et contacte un autre Trail angel. Finalement c’est Jim qui vient avec son gros pick-up et embarque la dizaine de hikers qui veulent repartir en découdre avec le trail.

Jim (trail angel) et à l’arrière du pick-up : eBay, first class, Pepe, Stellar, Jimmy 10000
Mont Adams depuis Trout Lake

Arrivé sur le trail, je découvre avec plaisir Jackpot (ex Sabrina) qui va aller faire à son tour son ravitaillement à Trout Lake.

Jackpot & Pepe

Le chemin grimpe sur les contreforts du mont Adams et il va nous offrir de jolis points de vue sur son sommet et ses glaciers.  Une prairie à côté d’une cascade va finalement m’offrir un site de bivouac idéal.

Pause récréative : sauras tu trouver le chemin pour traverser ce torrent sans te mouiller les pieds ?

26 août, mile 2245 à 2274 (1814m)

Après une matinée assez ennuyeuse, le chemin prend son envol vers d’élégants sommets. A mesure que je m’élève, le ciel se fait plus menaçant. Je finis la journée de marche avec le franchissement du col de Cispus. La pluie, les nuages et le vent créent une ambiance inquiétante. Il y a quelque chose de grisant dans le fait d’être seul dans cet endroit somptueux devenu hostile.

Ça alors, Boris Johnson ! Qu’est-ce que tu fais ici ?
Cispus pass

Je vais finalement trouver un site de bivouac quelques miles en aval du col. Deux randonneurs sont déjà installés. Un cigare dans une main, un verre de cognac dans l’autre, ils bavardent tranquillement sous une bâche qui les protège de la pluie. Ils m’accueillent chaleureusement sur leur site de bivouac. Je me dépêche de monter ma tente et de préparer mon repas. Je suis affamé.

27 août, mile 2274 à 2296 (1372m)

La pluie a cessé dans la nuit. Je reprends la marche dans la brume du matin. Le chemin part à l’assaut de la old snowy mountain. Après une heure de marche environ, je perce la couche brumeuse et me retrouve au soleil entouré de névés et d’un paysages majestueux.

Le chemin poursuit sa route sur une longue crête descendante et escarpée qui nous plonge de nouveau dans la brume.

Le soleil nous offre quelques jolis éclairages l’après-midi pour agrémenter la fin du parcours vers White pass. White pass est une petite station de ski où un colis de re-approvisionnement m’attend à l’épicerie qui offre également la possibilité de poser sa tente.

Pepe & first class
Mont Adams
Début de la descente

Maintenant faut que je vous laisse. Je dois aller au Canada


4 réflexions sur “Cascade Locks – White pass

  1. la frontière se rapproche à grand pas….cela doit être une sensation étrange où se mélange à la fois l’envie de prolonger le voyage et cette expérience inoubliable, et le désir de rallier l’objectif final…. profites bien de ces derniers miles ! savoure les ! attention, avec l’élan, tu risques de passer au Canada sans t’en rendre compte…

    Aimé par 1 personne

  2. Toujours aussi passionnant de te suivre !
    Tu n’es pas prêt d’oublier ce trail dans les décennies à venir !
    Il doit marquer une existence de manière indélébile.
    Sinon en France la rentrée se prépare et les Lauriers se « repeuplent » en pointillés avec les derniers petits
    départs et grands retours.
    J’ai restitué Hashtag comme je l’ai trouvé, maitre des lieux à son niveau, imperturbable.
    Hashtag ou la vie est belle !
    Quand Romane vient nous voir on ne manque jamais d’aller lui faire un petit coucou. Il est assez patient avec les jeunes enfants me semble-t-il. Pour elle, il fait partie du référentiel « Lauriers » et elle le réclame.
    Merci pour ta carte qui nous est bien parvenue. C’était sympa.
    Au plaisir de te relire prochainement.

    Aimé par 1 personne

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