Hiker town – Tehachapi

24 mai, mile 518 à 538

Comme prévu Jan est là à 9h pour m’emmener expédier mon colis au bureau de poste et elle me ramène ensuite à Hiker town. Je reprends le chemin vers 11h. J’ai bien conscience que ce n’est pas optimal, mais l’envie de marcher et trop forte. Et puis les températures annoncées ne sont pas si élevées que ça. Et puis avec un peu de vent pour rafraîchir. Etc…

L’itinéraire suit pendant de longs miles l’aqueduc qui alimente Los Angeles avec les eaux de la Sierra Nevada.

Marcher dans un désert avec une rivière sous les chaussures est un moment bien connu sur le PCT. J’en savoure chaque seconde.

Aujourd’hui, pas un souffle d’air. Au loin, les éoliennes sont immobiles. Le silence n’est troublé que par le bruit de mon pas sur le chemin. La chaleur est palpable.

Vers 17h, la température descend d’un cran et les éoliennes commencent à s’activer avec le vent de nord qui s’est levé.

Ces géants ne me font pas peur. Croyez-moi !
Un jeune berger mexicain ramène son troupeau à la bergerie

Vers 19h, le vent de nord souffle très fort et je peine à avancer. Je voudrais faire quelques miles encore jusqu’au prochain point d’eau mais je dépense beaucoup d’énergie pour une progression lente. Il faut que je trouve un endroit abrité pour bivouaquer. Pas si simple. J’avise finalement un abri qui pourrait faire l’affaire à proximité du chemin.

Mal orientée, cette cabane ne me protège pas complétement. Des rafales chargées de sable viennent régulièrement jusqu’à moi. Impossible de faire du cowboy camping (dormir à la belle étoile). Heureusement le sol est bon et j’ai confiance sur la capacité de ma tente à résister aux assauts du vent.

Mardi 25 mai, mile 538 à 558

Le réveil sonne à 4h. Une grosse montée m’attend et je veux la faire à la fraîche. L’intérieur de la tente est recouvert de sable. La journée de marche commence vers 5h30 dans une belle lumière matinale.

Là haut vers 2000m, les crêtes étaient recouvertes de chênes et de sapins. Ce ne sont plus maintenant que troncs calcinés. Aucune ombre pour se protéger du soleil. Quand je demande aux hikers si des mesures ou des moyens supplémentaires vont être déployées suite aux incendies de l’été dernier, ils ne sont pas optimistes. Pour eux les états et l’état fédéral se renvoient la responsabilité.

La randonnée finit dans un parc de 5000 éoliennes. C’est le plus grand du monde.

Lorsque j’arrive enfin au bout de l’étape, je suis accueilli par Boomerang et sa femme Bee Lucky. Je les ai rencontrés à Idyllwild et on se retrouve souvent. Boomerang assure avec son camping car le soutien logistique de Bee Lucky qui va au Canada à pied. Ils m’invitent à prendre un verre et manger un morceau. Boomerang est pharmacien. Il me fournit de précieux conseils pour traiter mes bobos.

Boomerang

Lorsqu’une Trail Angel arrive, je saute dans sa voiture pour qu’elle me conduise à mon hôtel à Tehachapi. Je vais y faire demain mon ravitaillement pour les sept prochains jours qui devraient me permettre d’atteindre Kennedy Meadows.

Maintenant je vous laisse. Je dois aller au Canada.


7 réflexions sur “Hiker town – Tehachapi

  1. Merci de m’avoir donné le lien pour te suivre. Ce Trail est époustouflant et je rends grâce à ton courage et ta ténacité.
    Je vais désormais continuer à te suivre sur le chemin de la grande liberté !

    Aimé par 1 personne

  2. Nous continuons à suivre tes aventures, avec toujours autant de plaisir, épatés que tu puisses marcher, réaliser un fabuleux reportage avec toutes ces belles photos et ce récit qui nous donne l’impression d’être avec toi, soigner tes bobos, assurer ta logistique, te reposer, participer à des films (certes, la prestation est courte 🙂 )… tout cela chaque jour.
    Nous avons bien pensé à toi le weekend dernier. Nous étions sur le lac d’Annecy et avons fait une toute petite randonnée de 2 h au col de la Forclaz, point de départ très fréquenté pour des vols en parapente ou aile delta.

    Aimé par 1 personne

  3. « Le silence n’est troublé que par le bruit de mon pas sur le chemin » : quelle sensation extraordinaire ! Tehachapi, ce n’est pas sur le territoire des indiens Hopis (cf « Née contente à Oraibi de Bérengère Cournut), « le peuple de la paix » ?

    Aimé par 1 personne

  4. Hello Nicolas, je suis avec toi depuis le début, c’est fantastique ce que tu nous fais vivre, ou plutôt rêver, il faut une bonne dose de courage pour entreprendre cette épopée, je t’admire beaucoup.
    A bientôt, prends soin de toi et de tes pieds !

    Aimé par 1 personne

  5. Tout comme Brisse Christian du bonheur à chaque épisode. On se ré-gale !
    Joli coup le « Ces géants ne me font pas peur. Croyez-moi ! ». Il fallait aller le chercher. Done!
    May The Force be with You.
    Bises

    Aimé par 1 personne

  6. Un pur plaisir de te lire encore une fois !
    Comme toujours d’ailleurs !
    On culpabilise un peu, néanmoins, de ne fournir aucun effort en soutien.
    Quelle prouesse sportive et humaine d’abord, également technique quant-à la diffusion quasiment instantanée du trail partout sur la planète !
    On vit une époque formidable et inédite dans l’histoire de l’humanité !
    Tout cela était impensable il y a quelques décennies et inimaginable il y a un siècle ou deux !
    Il fallait alors plusieurs années pour aller aux antipodes et en revenir. Que de chemin parcouru !
    Et dans ce domaine tu dois commencer à être un spécialiste (mais au sens propre !)

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s