Warner Springs – Idyllwild

30 avril, mile 112 à 132

Départ 6h30 pour éviter les grosses chaleurs. Objectif : atteindre la maison de Mikes avant le pic de chaleur. 16 miles quand même ! Vers 9h, je m’arrête à une source pour faire le plein d’eau et je vois arriver Sack Pupett (trail name*). Ce nom lui vient du fait qu’il porte une espèce de sac bleu sur la tête qui lui donne un air de marionnette. Il a fait une mauvaise chute et il est blessé au bras, mais sans gravité. Je m’occupe de le désinfecter et de lui faire un pansement correct puis je repars pour essayer d’atteindre mon objectif.

Pour bien comprendre ma motivation, il faut que je précise que Mike est un trail Angel dont la maison est perchée à proximité du trail. C’est un bric à brac fantasque. Il fait à manger pour les hikers et il propose des boissons fraîches sur un fond sonore de rock ou de country. Je ne voulais pas rater ça.

Mais la montée vers la maison de Mike est longue et il fait en effet très chaud. J’ai maintenant du remords d’avoir laissé Sack Pupett tout seul.

J’arrive chez Mike vers 13h30. Je retrouve un groupe de hikers que je connais bien (celui de Eagle Rock) et me régale de grillades et de boissons fraîches. Je suis toujours un peu inquiet pour Sack Pupett et vers 15h  je commence à me renseigner à son sujet auprès de hikers fraîchement arrivés. Enfin vers 16h, il arrive épuisé mais heureux d’avoir fait tout ce chemin. On est tous les deux contents de se retrouver.

Miles backyard
J’ai retrouvé Sack Pupett

La journée n’est pas finie. Encore 4 miles pour passer un épaulement et rejoindre un peu plus bas le site de campement. Les jambes protestent. Des douleurs sournoises commencent à rayonner ici et là. J’ai été indulgent avec elles la première semaine, maintenant je considère qu’elles sont « faites », elles doivent faire le job. C’est un exercice sur le fil ; une tendinite ou une contracture et l’aventure finit là. Je demande aux bras et aux épaules de prendre le relais en appuyant fort sur les bâtons.

Mon petit groupe rejoint vers 17h un joli site de campement et nous partageons ensemble le moment du repas avant de rejoindre nos tentes.

Descente vers le campement. Là bas le mont San Jacinto où je serai dans 5 jours

* trail name : chaque thru-hiker reçoit surle chemin un nom qu’il portera définitivement sur tous les chemins de randonnée du monde. Logique, puisque le trail est une seconde naissance.

1er mai, mile 132 à 145

Départ 7h45. Les jambes sont raides et d’inquiétantes douleurs commencent à se faire sentir. Je m’arrête pour masser mes muscles douloureux. Les douleurs s’atténuent peu à peu. Après 1 heure de marche, nous remplissons nos bouteilles dans un joli cours d’eau. Je prends le minimum pour réduire le poids du sac et compte sur une citerne sur le chemin pour compléter. Mauvais calcul, l’eau de la citerne est croupie et je dois finir les 8 miles qui me séparent de notre destination avec 1 litre d’eau.

Le chemin de poursuit dans un décor semi-désertique. Le sentiment d’isolement est total.

J’arrive vers 14h au water tank où Mary, trail Angel bien connue dans le secteur a organisé un trail magic. Elle attend les hikers avec un repas incroyable : poulet grillé sauce tyriaki, riz, salade, boisson fraîche, apple pie, fruits. Voilà qui nous change des ramen, des noix et des chips. L’après-midi est consacrée à la récupération et à observer la réaction des hikers qui arrivent affamés par leur journée de marche découvrir le repas que Mary leur a préparé. Un spectacle inoubliable !

Merci Mary !

En fin d’après midi, les premières tentes commencent à se monter. Chacun fait au mieux pour se protéger du vent. Ma tente a trouvé sa place bien  protégée par Walt Whitman, John Muir et Henri David Thoreau.

1er mai, mile 145 à 162

Départ 6h. Presque tout le monde est déjà parti. Objectif atteindre le café de paradise Valley pour y prendre le petit déjeuner. C’est un des lieux mythiques du PCT où on sert des petits déjeuners et des hamburgers pantagruéliques. Pas besoin de vous expliquer que c’est infesté de hikers. Il faut quand même marcher 7 miles pour arriver là. Le chemin se hisse jusqu’à atteindre Paradise Valley, un paysage de prairies et de sapins. Les nuages irisés de soleil font leur possible pour s’aggriper aux reliefs.

Je suis sur place à 9h et je trouve une place sans problème parmi les affamés pour me faire servir .

Dave, Delayed, Sack Pupett, Don Nico

Je reprends le chemin vers 11h. L’ascension qui m’attend est un gros morceau. Je m’élève dans un magnifique paysage de granit et de sapins. La paradise Valley mérite bien son nom.

Je trouve un point de bivouac bien abrité par des arbres sur une crête dont la vue sur Palm Spring est à couper le souffle.

Arrivée au bivouac

Lundi 3 mai, mile 162 à 180

Depart 6h30. Objectif : atteindre Idyllwild pour un zéro day*.

Réveille-matin
Je m’arrête à l’abri de ce rocher et un colibri est passé par là. Un peu surpris, il m’a inspecté pendant plusieurs secondes. J’aurais aimé faire connaissance. Mais les colibris sont des oiseaux pressés
Le chemin suit une ligne de crête escarpée. Un incendie a tout ravagé il y a quelques années. Il se dégage une ambiance sinistre
De plus en plus escarpée…
Peu avant de redescendre vers Idyllwild, je retrouve enfin des arbres magnifiques.

A mon arrivée à Idyllwild, je trouve facilement de la place sous les grands sapins du camping « ranger station » où je retrouve Flying* et Dyn.

Mardi 4 mai, zéro day* à Idyllwild

Découverte de cette jolie petite ville de montagne et provisions faites pour 5 jours.

Bon, je vous laisse. Il faut que j’aille au Canada.

Prochaine étape : Big bear

* zéro day : on ne marche pas ce jour là. Un vrai zéro day c’est quand on passe deux nuits au même endroit


8 réflexions sur “Warner Springs – Idyllwild

  1. Super récit et photos d’un trip qui s’annonce palpitant ! bravo pour avoir réussi a prendre le départ cette année !
    recos de vieux relou :
    Je ne vois pas de ground sheet sous ta duplex, je t’en conseille un (tyvek ou polycryo), fais le toi livrer à une future étape via amazon ou REI). Zpacks n’en parle pas, mais Au fil des bivouacs avec l’abrasion, il s’use, et tu vas te retrouver dans le WA et ses pluies diluviennes avec ton tissu (DCF) de sol pas étanche ! c’est un peu de poids en plus mais à 600$ la tente…. 😉
    Et molo sur le rythme le premier mois, les « hiker legs » ca met du temps !
    Dam (PCT 2018)

    Aimé par 1 personne

  2. Salut Nico, je viens de retrouver l’adresse de ton blog. Un très grand merci pour tout ce que tu partages, les photos, les textes, j’adore la rencontre avec le serpent à sornettes ! C’est un peu irréel de t’imaginer crapahutant là-bas quand on est dans notre vie iséroise de tous les jours.
    On est avec toi mon gars ! Keep up the good walk !

    Aimé par 1 personne

  3. Salut Nico.
    Superbes paysages et super ambiance!
    J’espère que les jambes ne te font pas trop mal et que tu as pu bien profiter de ton zéro day.
    Du coup ton nom de hiker est Don Nico maintenant?
    Bise et bon courage!!

    Aimé par 1 personne

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